L’église de Gumières

Le village de Gumières doit son origine à la fondation d’un prieuré bénédictin. Celui-ci aurait été fondé à la suite d’une donation faite par l’archevêque de Lyon à l’abbaye de Cluny le 9 août 978. Il était placé sous la dépendance de Ris, en Auvergne. Toutefois, la première citation de l’édifice est du XIème siècle.

Le « chemin des Moines », reliant la commanderie de Saint-Jean-de-Jérusalem implantée à la Cruzille ( Saint-Jean-Soleymieux ) en passant par le château du Rousset, reste le témoin de l’époque du prieuré. Ce chemin passe non loin du bourg de Gumières au hameau du Besset, on peut voir d’intéressantes croix sur son parcours. Enrichi par les dons des Comtes de Forez, le prieuré acquit une certaine importance. Le comte de Forez Guy IV ne l’oublia pas dans son testament en 1239, dans lequel il fonda dans l’église du prieuré un service anniversaire pour le repos de son âme.

Au commencement du XVème siècle, les moines, du fait des ravages de la Guerre de Cent Ans, prièrent la Comtesse Anne de leur faire don d’un hôtel pour se protéger. Le 14 février 1410, Anne-Dauphine, duchesse de Bourbonnais, comtesse de Forez, en fit donation au prieuré de Gumières. La tradition orale situe cet « Hôtel Bouthéon » ou « Hôtel de la comtesse Anne » place de l’église mais le bâtiment visible aujourd’hui semble de construction début XVIIème siècle. Par ce texte de 1410, on apprend l’existence d’un château, d’un donjon et d’une porte. Anne-Dauphine était l’héritière de la province de Forez depuis la mort de Jean II de Forez en 1372. Elle avait épousé Louis II de Bourbon et, après sa mort, administra le comté de Forez qui lui appartenait en propre. Après son décès en 1417, le Forez fut réuni au duché de Bourbon. Gumières, depuis le XVIème siècle, était sous la protection des seigneurs de la maison du Rousset : les Damas étaient seigneurs et prieurs de Gumières. Le prieur avait droit de nomination à la cure dès le XIIIème siècle.

L’église est sous le vocable de Saint Barthélémy depuis 1376 mais, dans son état actuel, semble avoir été reconstruite fin XVème/début XVIème même s’il reste des traces d’un édifice antérieur. L’édifice est d’une belle unité et présente les caractères de l’école architecturale à laquelle appartient la Chaise-Dieu.
Le clocher s’élève sur la façade; en avant est un porche voûté sur nervures. Sa clef de voûte porte les armes des Ducs de Bourbon : “d’azur à trois fleurs de lys avec une cotice de gueule”. A droite et à gauche, on voit une gargouille. Sur le côté Nord est visible une pierre sculptée représentant un animal – un lion ? – peut-être un vestige du premier prieuré. Autour de l’église, une suite de contreforts, bas et larges, forment presque une ordonnance à la manière antique. A l’intérieur, les nef et bas-côtés sont voûtés, avec nervures saillantes, continuées en partie sur les piliers. Aux baies sont des meneaux ou des trilobés. Aux clefs de voûte sont des motifs de sculpture variés ou armoriés. Dans un des piliers, on peut voir un petit bénitier sculpté dans la pierre. L’église contient quelques boiseries intéressantes : dans le chœur, on peut admirer de belles stalles. A remarquer également la chaire ainsi qu’un confessionnal d’époque Restauration – 1824 – décoré d’une fleur de lis bien dans l’esprit du temps.
Endommagée en 1832 par un incendie, l’église fut réparée à cette époque par le curé Bertrand qui écrivit directement au roi Louis-Philippe et en obtint un secours de 5000 F.

 

Sources :
Bulletin N°15 (2005) du GRAL, articles de Mireille Busseuil et Jacques Verrier
Le patrimoine du département de la Loire, canton de Saint-Jean-Soleymieux, Mireille Busseuil, LIGER, 2007.
A propos d’un souterrain à Gumières, Pascal Chambon, « Village de Forez » – Automne 2008.

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